Henri Suhamy est peut-être le spécialiste français de l'époque élizabéthaine anglaise et de Shakespeare qu'il a traduit et expliqué non seulement pour ses étudiants mais aussi pour un public plus vaste. Il a beaucoup réfléchi à la traductologie de la langue anglaise et de ses particularités élizabéthaines.
Henri Suhamy a réussi le concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure de Saint Cloud après une khâgne au lycée Henri IV en 1952. Agrégé d'anglais quatre ans plus tard, il veut mettre une thèse en chantier. Mais il est nommé professeur au lycée d'Oran en Algérie coloniale puis happé par trois années de service militaire, avant une affectation au lycée de Saint Louis du Sénégal. Il en profite pour enrichir son palmarès d'un certificat d'études latines passé à l'université de Dakar. Il rentre en France en 1964, recruté par la université nouvelle de Nanterre et gravit les échelons jusqu'au grade de professeur à l'achèvement de sa thèse, Les vers de Shakespeare, en 1976. Il enseigne également dans les Ecoles normales supérieures et prépare à l'agrégation. Rien d'étonnant donc que sa bibliographie soit d'abord tournée vers les étudiants avec des ouvrages sur la stylistique ou la métrique anglaises, certains publiés dans la collection Que sais-je. Grand traducteur, il réfléchit à ce qu'il appelle la traductologie et en édicte les règles fondamentales, imprégnation de l'oeuvre à traduire, technique sans faille, empathie avec l'auteur et son temps, à l'aide de la psychologie cognitive. Henri Suhamy a deux grandes passions en littérature. Shakespeare tout d'abord : il a étudié L'Angleterre élizabéthaine, participé à un Dictionnaire Shakespeare collectif et livré des Première Leçon sur un certain nombre de pièces, y compris les moins connues. Son autre auteur fétiche est Walter Scott dont il a traduit plusieurs romans et écrit une biographie, Sir Walter Scott récompensée par le Grand prix du Romantisme et un de ceux de l'Académie Française.