Simon Leys le disait haut et fort, les livres n'ont qu'une seule fonction, inspirer. Cet écrivain belge, Pierre Ryckmans de son vrai nom, amoureux de la Chine, de la mer et de la littérature, a été le premier à dénoncer la révolution culturelle chinoise et la réalité du régime maoïste. Il est mort le 11 aôut 2014 à l'âge de 78 ans. Simon Leys s'appelle en réalité Pierre Ryckmans. Petit-fils d'un bourgmestre d'Anvers, il est toutefois né en Belgique francophone, à Bruxelles, en 1935 et a étudié le droit et l'histoire de l'art à l'université catholique de Louvain. Il a la chance à 19 ans de participer à un voyage d'étudiants en Chine. Il tombe sous le charme du pays et repart en 1959 étudier la langue et la civilisation chinoises à Taiwan et Hong Kong. Il se marie avec une chinoise et s'installe avec sa famille en Australie, où il enseigne la littérature et la civilisation chinoises à l'université depuis 1970. Sur le conseil de son éditeur, il se choisit un pseudonyme, Simon Leys, Simon pour Pierre et Leys pour René Leys, roman de Victor Segalen, autre amoureux de la Chine, pour démythifier la révolution culturelle de Mao et dénoncer l'aveuglement des intellectuels français post 1968. Les habits neufs du président Mao fait scandale parmi les maoïstes. L'un deux va jusqu'à révéler son véritable nom, pour qu'il ne puisse plus entrer en Chine ! Son autre passion est la mer, il traduit, préface, écrit des livres sur la mer et appartient à l'Association des écrivains de marine fondée par Jean-François Deniau. C'est également un éminent critique littéraire ; l'un de ses livres les plus récents, Le studio de l'inutilité revient sur quelques uns des écrivains qu'il vénère, Henri Michaux, Orwell, Segalen ou Nabokov. Tous, même les plus sévères gardiens de la langue, s'accordent à louer la beauté de son écriture et l'on s'est même demandé par boutade si les plus grands écrivains de langue française n'étaient pas...belges.