La passion selon saint Matthieu
Hans Blumenberg
Versailles, Lyon 2ᵉ, Lyon 6ᵉ...
Ce qu'on en penseC'est là un monument d'intelligence et de sensibilité : au prétexte de discuter la possibilité historique d'une expérience musicale de la Passion – et donc d'une expérience proprement contemporaine de l'œuvre de Bach –, Blumenberg élève l’exégèse au rang de l'art le plus délicat. Une dissertation parathéologique vivifiante qui ouvre grand la foi !
Maxime, libraire à la Procure de Paris *** Le premier pas, et le plus difficile, quand on "arpente l'horizon" est de ne pas regarder ce fait avec l’impassibilité de celui qui sait que cela fait précisément partie du concept même de Dieu – et de ne pas vérifier si ce qui est défini par ce concept existe bien. » Il faut encore s'ouvrir, se laisser troubler – habité – par le problème de la Passion, et se retrouver comme affecté par son horizon, en dehors de toute préconception. Ne pas s'habituer... Ce texte ne propose ainsi ni une analyse musicologique de l'œuvre de Bach, ni un commentaire strictement philosophique ou théologique, mais plutôt une méditation para-théologique sur la possibilité d'entendre aujourd'hui le récit de la Passion, dans un monde largement sécularisé. Partant du constat que la situation du public moderne n'est plus celle des communautés luthériennes du XVIIIe siècle, Hans Blumenberg s'interroge sur ce qui, dans le texte biblique et sa mise en musique, demeure intelligible et opérant pour un auditeur et un lecteur non-croyant. Il y cherche les pierres d’achoppement – les scandales et les résistances – capables de réactiver le sens de la gravité et de la vulnérabilité. Une authentique lecture de Carême. Le libraire a pleuré et n'a toujours pas très bien compris : c'est vraiment un monument d'intelligence et de sensibilité, qui ouvre grand la foi ! |
Ce que dit l'éditeurA une époque où, dans le monde entier, des dizaines de milliers de personnes peuvent écouter, sous les formes les plus diverses et dans les conditions les plus extravagantes, La Passion selon saint Matthieu de Jean-Sébastien Bach, Blumenberg s'interroge sur ce que peut entendre et comprendre l'auditeur contemporain. Moins de trois siècles se sont écoulés depuis la création de ce chef-d'œuvre et pourtant le monde a profondément changé. Mais, en dehors des considérations «techniques», se pose la difficulté de comprendre la Passion du Christ, la passion du Dieu de Bach, d'Augustin et de Luther. L'auditeur de La Passion doit admettre que ce Dieu a pu être offensé au-delà de toute mesure. C'est seulement ainsi que la démesure de ce qui lui est présenté à titre de satisfaction et de réconciliation par le Dieu souffrant et mourant prend le caractère d'une évidence qui exclut le non-sens. L'athée, ou celui qui ne se considère plus comme un être chargé de péchés écoutant le récit de sa propre rédemption, n'est pas là en meilleure ou en pire posture que celui qui croit encore à sa foi. Il peut seulement penser : «S'il existait ce Dieu que je nie et que d'aucuns autour de moi tiennent pour le leur, bien des choses lui seraient possibles, par lui ou avec lui, mais pas qu'il se laissât offenser. Offenser au point de faire mourir celui qui se laissa aller le premier, au point de faire mourir ses descendants, et finalement au point de faire mourir celui qui, par cela même, voulait démontrer l'impuissance de la mort.» Appliquant les catégories de la phénoménologie, convoquant la théologie, la psychanalyse et l'herméneutique, Blumenberg (né en 1920 et mort en 1996) confronte les Evangiles, le livret de l'œuvre de Bach et les textes de la tradition théologique pour mesurer la distance qui sépare l'auditeur tardif de la «communauté» pour laquelle Bach composait. |
RésuméL'auteur s'interroge sur ce que peut entendre et comprendre l'auditeur contemporain. Appliquant les catégories de la phénoménologie, convoquant la théologie, la psychanalyse et l'herméneutique, il confronte les Evangiles, le livret de l'oeuvre de Bach et les textes de la tradition théologique pour mesurer la distance qui sépare l'auditeur tardif de la "communauté" pour laquelle Bach composait. ©Electre 2026 |
Caractéristiques Auteur(s) Éditeur(s) Date de parution
4 novembre 1996
Rayon
Philosophie contemporaine : auteurs
Contributeur(s) Henri-Alexis Baatsch
(Traducteur), Laurent Cassagnau
(Traducteur) EAN
9782851813817
Nombre de pages
368
pages
Reliure
Broché
Dimensions
19.0
cm x
12.0
cm x
3.0
cm
Poids
360
g
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