Emmanuel Terray est un anthropologue français qui a beaucoup travaillé sur le terrain, en Côte d'Ivoire ou à Berlin. Très engagé à gauche, son approche de l'anthropologie, d'ethnologique est devenue plus politique et il est allé jusqu'à faire une longue grève de la faim pour soutenir des sans-papiers en 1998.
Emmanuel Terray, normalien en 1957 et agrégé de philosophie se préparait à une carrière classique de professeur quand il a lu les
Structures élémentaires de la parenté de
Claude Lévy-Strauss. SA rencontre avec
Georges Balandier, tenant d'une anthropologie appuyée sur l'histoire et le politique est décisive. Il part à l'institut d'ethnologie de l'université d'Abidjan en Côte d'Ivoire en 1964 et prépare une
thèse sur l'ethnosociologie des Dudas ivoiriens. Il reste en Côte d'Ivoire jusqu'en 1968 puis participe à la création de l'université de Vincennes. Il est élu directeur d'étude à l'
EHESS en 1984, après la soutenance de son
doctorat d 'état sur le royaume Abron installé à cheval sur les actuels Côte d'Ivoire et Ghana. Il passe trois ans à Berlin peu de temps après la chute du mur, une expérience qu'il livre dans
Ombres berlinoises, voyage à travers une autre Allemagne. Son travail d'ethnologie, en dehors d'
Une histoire du royaume Abron du Gyaman des origines à la conquête coloniale a surtout été publié dans des revues spécialisées. Ses livres portent davantage sur les problèmes sociaux contemporains et reflètent ses convictions politiques personnelles très ancrées à gauche, influencées par la pensée d'
Althusser, qui vont jusqu'à une grève de la faim par solidarité avec les sans-papiers et qu'il résume dans son dernier livre,
Penser à droite.