Arlette Farge est une personnalité originale du monde de l'histoire, dans lequel elle est entrée après des études de droit. Elle s'est spécialisée dans l'étude du Paris du XVIIIè siècle, le Paris de la pauvreté et des révoltes, vu à travers le prisme des archives de police.
Arlette Farge a opté après le bac pour des études de droit, mais la passion de l'histoire devait la tenailler car elle a choisi de passer son DEA en histoire du droit, avant de se lancer dans un doctorat d'histoire moderne sous la direction de Robert Mandrou, avec un sujet original, Le vol d'aliment à Paris au XVIIIè siècle. Elle est donc entrée dans le milieu universitaire historique sans agrégation, par équivalence, ce qui à l'époque constituait, dit-elle, un handicap, mais ne l'a pas empêchée de trouver sa place au CNRS et à l'EHESS où elle rejoint l'équipe de François Furet. Influencée par l'oeuvre de Michel Foucault et celle de Pierre Bourdieu, elle s'attache au petit peuple parisien et passionnée par la recherche en archives, qu'elle explique dans un de ses livres, Le goût de l'archive, publié en 1997, elle n'hésite pas à ouvrir celles de la police de l'époque : Flagrants délits sur les Champs Elysées : les dossiers de police du gardien Federici, 1777-1791 ou Les bracelets et le parchemin, où elle étudie les papiers retrouvés sur les noyés de la Seine. Elle s'intéresse aux variations de l'opinion publique, Dire et mal dire, à la violence, La vie fragile, violence, pouvoir et solidarités à Paris au XVIIIè siècle et à la condition féminine à cette époque, Un ruban et des larmes par exemple. On peut l'écouter sur la chaine de radio France Culture dont elle anime l'émission La fabrique de l'histoire.