L'âne : une histoire culturelle
Michel Pastoureau
Versailles, Lyon 2ᵉ, Lyon 6ᵉ...
Ce qu'on en penseAvec talent, Michel Pastoureau se penche sur la figure de l’âne, humble animal qui porta le Christ mais souvent associé à une bête têtue sans intelligence. Fort instructif et d’une lecture très agréable, cet ouvrage soigné retrace à l’appui d’une belle iconographie l’histoire de cet animal à la symbolique aussi riche qu’ambivalente. Claire, libraire à La Procure de Paris
|
Ce que dit l'éditeurDomestiqué quatre millénaires avant notre ère, l'âne joue un rôle important dans la vie quotidienne des peuples de l'Antiquité méditerranéenne. De nombreux documents le montrent au travail : il porte, il tire, il pousse, il foule. D'abord positive, son image tend à se dévaloriser à partir du moment où le cheval lui fait concurrence. Les fables et les proverbes dénoncent sa paresse et son entêtement, et les récits mythologiques, sa luxure. À Rome, son nom devient même une injure à l'époque impériale (asinus). Au Moyen Âge, cette image de l'âne continue de se dégrader. À la campagne, l'animal travaille certes durement, mais il est désormais au service des plus pauvres et s'en trouve déprécié. Bestiaires et encyclopédies soulignent sa stupidité et sa méchanceté, tandis que dans les images, ses oreilles prennent place sur la tête des bouffons et des fous. Seule l'histoire sainte le valorise : il a eu l'honneur d'assister à la Nativité puis de porter le Christ lors de son entrée à Jérusalem. Toutefois, c'est seulement à l'Époque moderne que la symbolique de l'âne commence à s'inverser. Chez certains philosophes, l'animal obtus devient clairvoyant, et plusieurs naturalistes - au premier rang desquels Buffon - cessent d'en faire un cheval au rabais. Ils vantent au contraire ses qualités naturelles et invitent à mieux le considérer. La sensibilité romantique prend le relais, qui s'apitoie sur le sort de cet animal par trop humilié et maltraité. Poètes, conteurs, artistes en proposent un portrait renouvelé, chaleureux et bienveillant. La prétendue bêtise de l'âne s'efface peu à peu en même temps que son bonnet d'infamie. Cette image revalorisée de l'âne se prolonge jusqu'à aujourd'hui. On la retrouve dans le livre pour enfants, au cinéma, dans le bestiaire des emblèmes et des symboles. De nos jours, peu d'animaux disposent d'un capital de sympathie comparable. |
RésuméDomestiqué dès le IVe millénaire av. J.-C., l'âne est crucial dans l'Antiquité méditerranéenne. Au Moyen Age, son image se dégrade sauf dans l'histoire sainte. A l'époque moderne, il est réhabilité par des naturalistes et la sensibilité romantique et reste une figure bienveillante. L'auteur retrace l'histoire culturelle de cet animal à travers diverses sources. ©Electre 2026 |
Caractéristiques Auteur(s) Éditeur(s) Date de parution
31 octobre 2025
Rayon
Histoire : diable
EAN
9782021586695
Nombre de pages
158
pages
Reliure
Broché
Dimensions
24.0
cm x
20.0
cm x
1.2
cm
Poids
590
g
|
![]() À propos de l'auteurHistorien médiéviste de renommée internationale, Michel Pastoureau a renouvelé notre regard sur l’histoire culturelle à travers des sujets aussi originaux que les couleurs, les animaux, les symboles et les représentations collectives. |


